La pratique rythmique à l'école

par Focibels  -  6 Septembre 2017, 15:42  -  #Pratique instrumentale

La pratique rythmique à l'école

Introduction

Le rythme fait parti de notre vie. Il nous est impossible de s’en extraire : il est dans notre « programme génétique », il est l’épice de notre vie. Depuis notre naissance nous sommes toujours en évolution et en adaptation. Les rythmes sont au cœur de notre corps, dans notre système circulatoire, digestif, respiratoire… (inspire/expire, action/repos, activité cardiaque, cérébrale, renouvellement des cellules…). D’une personne à l’autre ils sont différents mais répondent tous au même besoin vital.

 

Pour un équilibre social

 

Par son aspect synchronisé, le rythme est un carrefour qui favorise les rapports humain, les liens entre les groupes et l’équilibre individuel.

Cela commence à la gestation avec le rythme métabolique qui tend à s’équilibrer. Cette construction va permettre à l’enfant de s’harmoniser avec lui-même puis avec son environnement. Son rapport au savoir en découlera : il sera le résultat des alternances entre les temps de l’action et les temps de latence.

 

Le rapport aux autres est aussi en lien avec le rythme car il apporte du bien être ensemble, de la convivialité, de la rencontre et du partage. Le groupe/classe se construit aussi dans ces temps de pratiques rythmiques (chant, danse, percussions corporelles). Notre société est étroitement liée à son rythme de progrès (avec celles et ceux qui parviennent à le suivre et ceux qui n’y parviennent pas : rythmes scolaires, rythmes de travail, les horaires, les calendriers sociaux….)

 

Pour en comprendre les composantes : Quelques définitions des composantes sont nécessaires pour apprendre à les distinguer.

 

La pulsation : Accent déterminant les temps et le tempo. Mais la pulsation c’est aussi notre cœur, ce qui engage notre perception corporelle vers le mouvement. Elle est perçue de façon intuitive. Chez chacun de nous elle dépend aussi de notre rythme intérieur : les enfants qui ont un rythme cardiaque plus élevés sont plus sensibles au tempo rapide qu’au tempo lent.

La mesure : La mesure est l’organisation du rythme selon des proportions rationnelles.

Les durées : Espace de temps, période mesurable pendant lequel s’étire un certain temps.

La structure musicale : C’est l'agencement formel et l'organisation de différentes cellules rythmiques, mélodiques et harmoniques pour constituer l'architecture d'une œuvre. Mais cependant, un morceau joué de façon trop calibrée serait vide de sensibilité.

 

Pour une application pédagogique

 

Avec le corps : Le corps est l’instrument privilégié du travail rythmique en classe.

Faire du rythme permet de percevoir une pratique commune à toutes les cultures avec toutes ses spécificités. Cela donne la possibilité d’entrer en communication avec les autres musiciens et de partager un temps avec une communauté. C’est l’accès à ce langage universel de la musique.

Le rythme collectif stimule l’énergie interne mais aussi l’énergie du groupe. C’est un levier pour permettre aux enfants de s’ouvrir au monde extérieur.

Dès la petite section, pratiquer les rythmiques collectives facilite le ciment du groupe/Classe. C’est un partage favorable pour vivre ensemble.

En proposant des chants du répertoire, des déplacements et des frappés sur différentes parties du corps (mains, cuisses, pieds), les séances développeront la motricité fine et la maîtrise corporelle. Ces capacités sont alors transversales dans les domaines de la découverte du monde, du graphisme, de la mémoire et de la concentration. Les enfants progressent alors et gagnent en finesse et en précision. Ils font le lien petit à petit avec le temps et l’espace, l’énergie est au service de la concentration.

 

Avec la voix : Le langage est un support du rythme qui passe par le corps mais il est aussi un vecteur pour l’ouverture à la culture. La parole et la voix permettent de mettre en mémoire et de procéder aux accumulations des rythmes. Chanter un rythme est une étape essentielle pour en permettre sa mise en mémoire et transférer ensuite vers l’appropriation de la percussion corporelle ou instrumentale.

 

Avec des objets sonores : La manipulation des objets sonores est aussi en lien avec le corps (la main et le bras en prolongement du cœur). La découverte d’une amplitude vaste de timbres de percussion est un enrichissement dans les phases de création. Cette manière de jouer s’adapte en fonction des objets sonores différents. Cela développe une motricité de plus en plus performante (claves, baguettes en bois, ballons, gobelets en plastique, tubes résonants…).

 

Avec un codage, vers la création : Coder est une trace mais c’est aussi une manière de visualiser. Le temps est découpé au cycle 1 pour aller vers des accumulations sonores au cycle 2 et 3.

Pour aller vers une création rythmique, il est préférable de partir d’Un rythme simple et régulier permet au départ de proposer des créations simples avec petit à petit des cellules rythmiques dédoublées et régulières. Cela participe à la démarche de création avec des temps de propositions, d’essais, d’erreur et de remédiation.

 

Pour l’interdisciplinarité

 

L’Histoires des Arts permet de prendre conscience des évolutions du rythme à travers des œuvres variées en fonction des époques, des cultures, des découvertes et des sciences.

Le rythme est partout dans les arts : peinture, architecture, sculpture, littérature…

Avec l’opposition entre le rythme/mouvement et le rythme/immobilité de la peinture (architecture, sculpture), mais cette immobilité est une composante d’un équilibre par le rythme.

L’éducation du regard est aussi à développer en observant le rythme dans l’étalement de la matière et l’équilibre des forces d’un tableau.

 

Les percussions corporelles : une proposition de pratique rythmique

 

Pratiques corporelles et rituel

Les percussions corporelles sont inclues dans la vie de classe, pratiquées sous forme de rituel elles sont un outil pour se sentir mieux dans l’espace classe et entrer plus facilement dans les apprentissages.
– Le rituel est une culture de classe qui soude le groupe et délimite les acteurs comme les actions à réaliser. La première fonction est de recréer le groupe classe, d’installer l’enfant dans l’organisation sociale. C’est un espace d’autonomie car les contraintes sont très fortes.

→ Les élèves apprennent un répertoire de cellules rythmiques précis, ils jouent tous ensemble dans la classe, dans la cour, seul avec ses pairs…

Quand ?
– Le rituel s’inscrit dans un contexte particulier, c’est une activité partagée collectivement. Il acquière du sens parce qu’il facilite l’accès aux apprentissages. Il marque un passage, il est une activité de démarrage, un « lanceur », un moment de rupture.

→ Les percussions corporelles peuvent se pratiquer entre 2 activités, après un moment d’agitation, un moment de tension ou des efforts de concentration importants…

Pourquoi ?
– Il introduit un sentiment de sécurité, en réduisant l’incertitude et en contenant le temps, il codifie les comportements. On sait ce qu’on doit faire, quand et comment. On peut se confronter aux autres dans un espace où on prend peu de risques.

→ Les élèves savent ce qui leur est demandé, ils travaillent avec une posture adaptée, codifiée, ils connaissent la durée de l’activité, les enjeux ne varient pas même si les contenus évoluent.

Comment ?
– Le rituel doit être vécu corporellement, émotionnellement et symboliquement.

→ Les enfants vivent la pulsation, ils la ressentent, ils expriment ce qu’elle provoque (ça calme, c’est reposant, c’est agité, ça m’énerve, c’est dansant…), ils vivent un geste, ils acquièrent un vocabulaire par l’action.

 

Glossaire pour les percussions

-Le rythme est, en musique, ce qui détermine la durée des notes les unes par rapport aux autres.

-On appelle pulsation l’accent intervenant de manière cyclique au début de chaque temps. La régularité de la pulsation garantit un certain tempo.

-Le tempo c’est l’allure (la vitesse) d’exécution d’une œuvre musicale.

-Une nuance indique l’intensité relative d’une note, d’une phrase, ou encore d’un passage entier d’une œuvre musicale.

-Le soliste est un interprète qui assure seul l’exécution d’une partie musicale dans un ensemble ou de manière isolée.

-Le tutti désigne un passage où tous les instruments de l’orchestre jouent ensemble.

-Le crescendo indique qu’il faut augmenter graduellement l’intensité d’un son.

-Le decrescendo indique qu’il faut diminuer progressivement l’intensité d’un son.

-L’ostinato est un procédé de composition musicale consistant à répéter obstinément une formule rythmique, mélodique ou harmonique.

 

Séance(s) d’exploration

Avant de travailler les percussions corporelles en rituel, prévoir une ou deux séances pour mettre en place cette activité.

Avec quelles parties de son corps peut-on faire du bruit ?
Essais libres, échanges…

Qui me montre comment on peut faire du bruit avec son corps ?
Observation, verbalisation…

Répertorier et verbaliser les parties du corps et les actions :
→ le corps : bras, avant-bras, mains, doigts, bouche, langue, pieds, cage thoracique, poitrine, torse, joues, cuisses
→ en dégager les verbes d’action : frapper, claquer, taper, frotter

Lorsque je tape dans mes mains ou sur mes cuisses, est-ce que le son est toujours le même ?
– Le son est fort, il est moins fort, il est doux, il claque…
– Le son est plus aigu, il est sourd…

 

Apprendre une cellule rythmique

Principes généraux pour apprendre une cellule rythmique

Dans un premier temps, privilégier un « niveau » :
– mains seules, main sur poitrine, doigts seuls, langue seule…

Dans un second temps, privilégier un « étage » :
– soit en haut (mains, poitrine, doigts, bouche, langue)
– soit en bas (pieds, cuisses)

 

Donner un nom aux différentes actions (exemples) :
– Frapper sur la poitrine = « toum »
– Frapper dans les mains = « ta »
– Claquer des doigts = « ti »…
– Frapper sur les cuisses = « coum »
– Frotter les cuisses = « doum »…

 

Progression pour apprendre une cellule rythmique :

1. Voix seule = on apprend le rythme vocalement
2. Corps et voix simultanément = on frappe le rythme en continuant à le dire
3. Uniquement le corps = on frappe le rythme

Pour aller plus loin et aborder d’autres notions :
4. Travailler autour des notions d’« intensité » et de « nuance » = on joue très fort, doucement…
5. Travailler le crescendo et le decrescendo = on joue de plus en plus fort ou de moins en moins fort…
6. Créer de courtes dictées = on dicte une série d’onomatopées que l’enfant doit reproduire sur son corps

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